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Certains pensent que le vélo adapté enlève des possibilités. Pas chez ONA Bikes.

Ça ressemble à un vélo. Ça se pilote comme un vélo. Et ça a changé la vie Paul.


« Je pense savoir ce qu’il te faut »


Il y a quelques mois, je reçois un appel de Paul, 34 ans, ancien vététiste passionné. Quelques années auparavant, un accident de VTT a bouleversé sa vie. Traumatisé crânien, il marche aujourd’hui avec des béquilles et cela fait maintenant quatre ans qu’il n’a plus retrouvé ce qu’il aimait tant : rouler sur les chemins.

Au fil de notre conversation, il me raconte son parcours. Comme beaucoup de personnes confrontées à une situation similaire, il n’est pas resté sans rien faire. Il a cherché, essayé, espéré. Il a tenté de remonter sur un vélo classique, sans retrouver assez de stabilité ni de confiance pour profiter réellement de la sortie.

Il avait également essayé un tricycle tout-terrain à deux roues avant. Une solution qui pouvait sembler pertinente sur le papier, mais qui, dans son cas, ne répondait pas à ce qu’il recherchait : pas les bonnes sensations, pas le bon comportement, pas ce plaisir de pilotage qu’il associait au VTT. Il avait aussi découvert le vélo couché et, contrairement à ce que beaucoup imaginent, il l’avait plutôt apprécié. Mais il n’était pas prêt à tourner la page du vélo tel qu’il l’avait toujours connu.

C’est probablement ce qui m’a marqué le plus pendant notre échange : Paul ne cherchait pas simplement un vélo. Il cherchait à retrouver une partie de sa vie. Et ce n’est pas la même chose.

Beaucoup de personnes analysent d’abord la pathologie. Moi, j’essaie d’abord de comprendre l’objectif. Ce qui me passionne dans le vélo adapté, ce n’est pas seulement le matériel. C’est la rencontre entre une personne, ses contraintes, ses envies et les solutions qui existent réellement.

Avec l’expérience, on finit par reconnaître certains profils. Je ne suis jamais sûr à cent pour cent, personne ne peut l’être. Mais après des années passées à essayer des vélos, comparer des solutions, observer des centaines de situations différentes et accompagner des personnes aux besoins très variés, il arrive que certaines évidences apparaissent rapidement. Lorsque j’ai un doute, je le dis toujours avant qu’une personne fasse plusieurs heures de route. Cette fois-là, j’étais particulièrement confiant.

Je lui ai simplement répondu : « Je pense savoir ce qu’il te faut. » Puis j’ai ajouté : « Je pense sincèrement que ça vaut le déplacement depuis Rennes. »

Malgré cela, tout le monde autour de lui n’était pas convaincu. Et honnêtement, je les comprends. Après quatre années de tentatives, de déceptions et de frustrations, difficile de croire qu’une nouvelle solution puisse réellement changer les choses. Ses parents étaient particulièrement sceptiques, non pas parce qu’ils manquaient de soutien, mais parce qu’ils avaient déjà vu beaucoup d’espoirs se transformer en désillusions.

Finalement, ce ne sont même pas eux qui l’accompagnent à Annecy. Ce sont les parents de sa copine qui acceptent de faire le déplacement avec lui.

Le vendredi soir, ils arrivent enfin. Comme toujours, je préfère prendre le temps. Nous commençons simplement par les réglages, la position et la prise en main. Puis nous partons pour une petite sortie tranquille sur route. Sa copine roule avec nous. L’ambiance est détendue, on discute, on laisse la confiance s’installer progressivement. Les premiers sourires apparaissent, mais je sais déjà que le vrai test aura lieu le lendemain.


Parce qu’un parking ou une petite route tranquille ne permettent jamais de savoir si un vélo est réellement adapté. La vérité se trouve toujours ailleurs : sur le terrain, dans les chemins, dans les virages, dans les dévers, dans les situations réelles.

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Le lendemain matin, nous nous retrouvons au lever du soleil. L’air est frais, les chemins sont encore vides, la lumière est magnifique. Et j’ai le sentiment que cette journée va être particulière. Je demande alors à Paul s’il accepte que je sorte la caméra. Il accepte. Et heureusement. 

Les premiers mètres sont prudents, très prudents. Je vois quelqu’un qui a envie d’y croire mais qui a appris à se protéger. Quelqu’un qui analyse encore chaque mouvement, chaque réaction, chaque sensation. Puis, progressivement, quelque chose change. Les épaules se détendent. Le regard se relève. Le sourire apparaît. La confiance revient. Le cerveau arrête de calculer. Et le pilote recommence à piloter.

PAUL - vtt après traumatisme cranien - velo electrique inclinable adapté

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Nous quittons alors les portions faciles. Direction les chemins, les passages techniques, les virages serrés, les dévers, les racines. Tout ce qui permet de comprendre si une solution est réellement adaptée à la personne qui l’utilise. 
Comme sur la plupart de tests "importants" je roule avec le même vélo pour avroir la voie, montrer les possibilités. Je lui montre différentes trajectoires, des passages qu’il n’aurait probablement même pas envisagés quelques heures auparavant.

Il ne tente pas tout. Et c’est parfaitement normal. Après quatre années sans VTT, l’objectif n’est pas d’impressionner qui que ce soit. L’objectif est bien plus important : retrouver confiance, retrouver du plaisir, retrouver des perspectives.

À plusieurs reprises, je le vois s’arrêter, regarder le chemin, regarder le vélo, puis regarder à nouveau le chemin. Comme s’il essayait lui-même de comprendre ce qui était en train de se passer. Parce qu’après quatre ans sans rouler, on ne retrouve pas simplement une activité. On retrouve une liberté, des projets, une passion, une partie de soi.

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À la fin de la sortie de presque 2 heures, l’émotion est partout. Paul a les larmes aux yeux, mais il n’est pas le seul. Les parents de sa copine aussi. Parce qu’eux aussi viennent d’assister à quelque chose d’important. Ils ne regardent pas simplement un jeune homme essayer un vélo. Ils regardent quelqu’un retrouver une possibilité qu’il croyait perdue.

Les problèmes principals de Paul sont l'équilibre aux démarrages et arrêts et la fatigabilité, donc on a roulé dans un rayon limité toujours de facile accès en voiture si besoin. Et on a fait 4 ou 5 pauses pour respirer. 
Il n'a fait qu'une partie de ce qu'il faisait avant bien sûr, mais une grande porte vers les chemins s'est ouverte. Et avec un profil comme le sien....


Et c’est probablement ce que je préfère dans mon métier. Bien sûr, les vélos sont importants. La technique est importante. Les réglages sont importants. Mais ce n’est jamais le cœur du sujet. Le cœur du sujet, c’est toujours la personne : son histoire, ses objectifs, ses envies, ses contraintes.

Voilà pourquoi je répète souvent la même chose : deux personnes ayant le même handicap peuvent avoir besoin de solutions complètement différentes. La bonne question n’est pas « quel vélo pour un traumatisé crânien ? ». La bonne question est : « quel vélo pour cette personne précise ? » Son équilibre, son terrain, son vécu, ses peurs, ses ambitions.

Et parfois, lorsque l’on trouve enfin la bonne réponse, on ne récupère pas simplement un vélo.

On récupère un morceau de sa vie.

Et ça, je ne m’en lasserai probablement jamais.

PAUL - vtt après traumatisme cranien - velo electrique inclinable adapté

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ONA Bikes, Diego 31 mai 2026
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