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Pierre jusqu'au Cap Nord

3 800 km jusqu’au bout de l’Europe, en tricycle couché, avec la sclérose en plaques dans les bagages… mais pas au volant.

Pierre au Cap Nord en trike malgré la SEP

3 800 km jusqu’au bout de l’Europe, en tricycle couché, avec la sclérose en plaques dans les bagages… mais pas au volant.


Il y a des histoires qui ne demandent pas beaucoup d’explications.

Pierre fait partie de celles-là.

Il y a quelques années, il arrive au Comité Handisport de l’Ain avec une phrase qui dit tout :

“Je ne sais pas quelle distance je peux marcher.”

Il sortait d’une période lourde. Une poussée liée à la sclérose en plaques l’avait conduit au fauteuil roulant. Quand on entend ça, on comprend vite que le sujet n’est pas seulement le sport. C’est le doute. Le corps qui ne répond plus pareil. La confiance à reconstruire. La peur de ne plus pouvoir partir, suivre, oser.

Ce jour-là, Pierre marche 7 km.

Quelques années plus tard, le même Pierre prend le départ d’un voyage de plus de 9 000 km en tricycle couché.

Objectif : le Cap Nord.

Pas en théorie.

Pas sur une affiche.

Pas dans un discours inspirant un peu creux.

En vrai. Avec les kilomètres, les bivouacs, la pluie, le vent, les routes, les ferries, les réparations, les jours de fatigue et les décisions intelligentes quand il faut contourner plutôt que forcer.

Son trike, c’est un ICE Adventure HD.

Lui l’appelle aussi Lib, entre Libellule bleue et Liberté.

Et franchement, pour une fois, le surnom est bien trouvé.

Pierre Cap Nord en trike Sclerose en plaques


Départ le 17 avril : cap au nord, vraiment

Pierre part de chez lui le vendredi 17 avril.

Dès les premiers jours, le ton est donné : ce n’est pas une petite balade symbolique. Il avance.

Après 249 km, il a déjà dépassé Dole et file vers Besançon. Il suit la Voie Bleue, puis une portion commune avec l’EuroVelo 6, avant de continuer vers Mulhouse.

Huit jours après le départ, il est déjà aux portes de Strasbourg.

531 km au compteur.

Ce chiffre, je le trouve important. Pas parce qu’il faut absolument faire pareil. Mais parce qu’il casse une image qu’on colle trop vite aux personnes handicapées : celle d’un projet forcément petit, fragile, limité, encadré, prudent jusqu’à l’étouffement.

Pierre ne fait pas n’importe quoi.

Mais il ne se réduit pas non plus à sa pathologie.

Il avance.

Pierre Cap Nord en tricycle electrique couché - Handicap Sclerose en plaques

Dix jours, 695 km, et déjà une vraie logique de voyage

Au onzième jour, Pierre fait le point.

Sur les dix premiers jours : 695 km pédalés.

Une moyenne de 69,5 km par jour.

Objectif : rester autour de 65 à 75 km quotidiens.

Là, on commence à voir ce qui fait la différence entre “faire du vélo adapté” et “voyager en vélo adapté”.

Le vélo doit être confortable, oui.

Mais il doit surtout devenir fiable, cohérent, vivable jour après jour.

Pierre suit la Voie Bleue, puis l’EuroVelo 6, puis l’EuroVelo 15. Il entre en Allemagne presque sans s’en rendre compte : sur la piste cyclable, la frontière n’a rien d’un grand moment solennel. Aucun marquage particulier. Juste la route qui continue.

Et déjà, une première galère matérielle : un crochet de sacoche cassé.

Ce n’est pas dramatique, mais sur un voyage de plusieurs mois, une petite pièce cassée peut vite devenir un gros problème. Pierre trouve la pièce chez un vélociste sympa à Illkirch, près de Strasbourg. Réparé. Ouf.

C’est ça aussi, l’itinérance. Ce n’est pas l’absence de problèmes.

C’est la capacité à trouver des solutions.


Allemagne : Francfort, Hanovre, Lübeck… et la météo qui commence à peser

À 1 133 km, Pierre est toujours dans son plan.

La météo commence à se dégrader. Il n’a pas encore vraiment roulé sous la pluie, mais les signes arrivent. Un petit orage. De la pluie fine. La tente. La récupération.

Après trois grosses étapes de 95, 85 et 80 km, il fait une journée plus courte : 54 km.

Je trouve ça très parlant.

Dans un voyage comme celui-là, la force ne consiste pas à écraser chaque jour. Elle consiste à savoir ralentir avant de casser. À écouter le corps. À accepter qu’une petite étape fasse partie du plan.

Pierre vise le ferry pour Helsinki en fin de semaine.

Après Francfort, il prend la direction d’Hanovre. Là, il roule sous la pluie. Il s’arrête même une journée à cause d’une météo franchement mauvaise. Puis il repart, traverse l’Elbe, rejoint Lübeck, puis Travemünde.

Presque 1 500 km au compteur au moment d’embarquer.

La première grande partie du voyage est terminée.

Direction la Finlande.


Finlande : la Baltique, l’EuroVelo 10 et les 2 000 km

Après la traversée en ferry, Pierre arrive en Finlande.

À Merikarvia, il franchit la barre des 2 000 km, un peu plus d’un mois après son départ.

Il rejoint les bords de la mer Baltique et poursuit sa remontée vers le nord en suivant l’EuroVelo 10.

La météo est plutôt favorable. Le voyage se déroule bien. Il y a toujours des petites choses à gérer, forcément, mais rien qui arrête le mouvement.

À 2 450 km et 37 jours de voyage, il continue sa remontée “tranquillement” le long de la Baltique.

Le mot est drôle : tranquillement.

Parce que 2 450 km en tricycle couché, avec la SEP dans l’histoire, les bivouacs, les changements de météo, la logistique, les routes inconnues, les réparations possibles, ce n’est pas exactement la définition classique de “tranquille”.

Mais c’est peut-être ça, justement, qui est beau.

Quand le vélo est le bon, quand le projet est bien construit, quand la personne se connaît et s’adapte, une aventure énorme peut devenir une succession d’étapes gérables.

Pas faciles.

Gérables.

Pierre Cap Nord en tricycle electrique couché - Handicap Sclerose en plaques


L’Arctique : 2 971 km et le cercle polaire

Le lundi 1er juin, Pierre en est à son 45e jour de voyage.

Son trike affiche 2 971 km.

Quelques jours plus tard, il franchit le cercle arctique.

Là encore, je m’arrête une seconde.

Le cercle arctique, ce n’est pas juste un panneau pour faire une photo. C’est un cap mental. Quand tu pars de chez toi en trike, que tu traverses une partie de la France, l’Allemagne, que tu prends un ferry, que tu remontes la Finlande et que tu arrives en Laponie, tu n’es plus dans l’essai.

Tu es dans l’aventure.

Il y a eu un peu de bricolage. Un peu de repos. Peu de gros soucis techniques. Et surtout, le voyage continue.

Pierre avance vers le nord, encore.

Pierre Cap Nord en tricycle electrique couché - Handicap Sclerose en plaques


Norvège : neige à l’horizon, vent violent et décisions intelligentes

À 3 606 km, Pierre est en Norvège depuis trois jours.

Il voit les plaques de neige à l’horizon. La mer. Les paysages énormes. Le Nord qui devient concret.

Il ne reste plus qu’environ 170 à 190 km pour rejoindre le Cap Nord.

Mais cette fin n’a rien d’une ligne droite facile.

La météo se durcit : pluie, rafales de vent jusqu’à 75 km/h. Parfois, ça impose une journée de repos. Et puis il y a la route, les tunnels, les choix à faire.

Pierre arrive vers Hammerfest et doit décider comment passer.

Il pourrait prendre le tunnel vers le Cap Nord. Sauf que le tunnel fait 7 km, avec 3 km de descente et surtout 3 km de montée à 10 % dans son sens.

Et là, Pierre fait exactement ce que j’aime voir chez un aventurier expérimenté : il ne confond pas courage et entêtement.

Même avec assistance électrique, même après presque deux mois d’entraînement, il ne veut pas se mettre dans une situation où il faudrait appeler le 112.

Donc il contourne.

Il va chercher un bateau.

C’est une décision de voyageur. Une vraie.

Le vélo adapté ne sert pas à “prouver qu’on peut tout faire”.

Il sert à ouvrir un chemin possible. Et parfois, le chemin possible passe par une autre route, un ferry, une pause, un détour.

Ce n’est pas moins fort.

C’est plus intelligent.


Deux mois après le départ : Pierre atteint le Cap Nord

Deux mois après avoir quitté son domicile, Pierre atteint le Cap Nord.

3 800 km parcourus.

Avant ça, il y a eu une longue journée de 93 km, dont 60 km avec un vent de face force 6 à 7. Puis une nuit presque absurde : lever à 23 h, départ à minuit, 60 km pour arriver vers 3 h 30 du matin et prendre le ferry pour Magerøya à 5 h 45.

Il raconte être assez comateux sur le ferry.

On le comprend.

Et comme si ça ne suffisait pas, l’arrivée se fait avec 8 km sous des trombes d’eau. Une bonne sieste, et il repart.

À Magerøya, les paysages sont superbes. Mais les montées sont rudes. Il commence avec 3 km à 9 % “pour s’échauffer”.

Dur dur, comme il dit.

Et pourtant, il y est.

Le Cap Nord.

Quand on lit ça, il ne faut pas y voir une morale simpliste du type “tout est possible si on veut”.

Je déteste ce genre de phrase.

Tout n’est pas possible pour tout le monde.

La sclérose en plaques reste une maladie sérieuse, imprévisible, fatigante, parfois brutale.

Le handicap n’est pas une décoration dans une histoire inspirante.

Mais l’histoire de Pierre montre autre chose : entre “tout est impossible” et “tout est facile”, il existe un immense territoire. Et parfois, avec le bon matériel, la bonne préparation, les bons essais, les bonnes décisions et une sacrée envie de vivre, ce territoire peut aller jusqu’au bout de l’Europe.

Pierre Cap Nord en tricycle electrique couché - Handicap Sclerose en plaques

Pierre Cap Nord en tricycle electrique couché - Handicap Sclerose en plaques


Après le Cap Nord, la route continue

Pierre ne s’arrête pas là.

Après son arrivée au Cap Nord, il ralentit un peu le rythme. Il prend quelques jours de break depuis Tromsø, via l’express côtier. Il adapte.

Un jour, il abrège une étape après 50 km et prend une chambre. Trop de vent de face, trop de pluie. Il en a assez.

Là encore, c’est du vrai voyage.

Il passe par Senja, cette île norvégienne qu’on présente souvent comme une Norvège en miniature. Tunnels, 88 km, plus de 750 m de dénivelé positif. Il fatigue bien avant de prendre un ferry vers Andenes, sur l’île d’Andøya, dans les Vesterålen.

Le Cap Nord était un objectif majeur.

Mais Pierre est encore sur la route.

Et nous, on peut suivre son aventure grâce à HandiBouge Ain :

https://www.facebook.com/HandiBouge01

Pierre Cap Nord en tricycle electrique couché - Handicap Sclerose en plaques

Pourquoi cette histoire me touche chez ONA Bikes

Si je raconte Pierre ici, ce n’est pas pour dire que tout le monde doit partir au Cap Nord.

Ton Cap Nord à toi, ce sera peut-être 5 km avec ton conjoint.

Ou une voie verte avec tes enfants.

Ou refaire un tour seul.

Ou partir trois jours.

Ou traverser un pays.

Ou simplement arrêter de regarder le vélo comme quelque chose qui appartient à l’avant.

Pierre a acheté son trike chez ONA Bikes après avoir testé plusieurs modèles.

Et pour moi, c’est un point essentiel de son histoire.

Il ne s’est pas contenté de lire une fiche technique. Il a essayé, comparé, ressenti. Il a cherché ce qui correspondait à son corps, à son projet, à son équilibre, à sa fatigabilité, à son envie de voyage.

Son choix s’est porté sur un ICE Adventure HD, mais le plus important n’est pas seulement le nom du modèle. Le plus important, c’est la démarche.

Un bon tricycle couché, ce n’est pas “un vélo pour handicapé” posé dans un catalogue. C’est une solution qui doit coller à une personne précise, à un terrain précis, à une manière de vivre précise.

Chez ONA Bikes, à Annecy, je vois souvent des personnes arriver avec une idée, un doute, parfois une peur. On parle de vélo handicap, de tricycles adaptés, de stabilité, de transport, de transfert, de douleurs, d’autonomie, de budget, de reste à charge, de voyage, de plaisir aussi.

Et dans beaucoup de situations, on peut déjà avancer sérieusement à distance : échanges, photos, vidéos, mesures, contraintes d’usage, objectifs. L’essai à Annecy est un vrai plus quand il est possible ou souhaité, mais ce n’est pas une obligation systématique pour commencer à réfléchir correctement.


Le vrai message de Pierre

Le vrai message, pour moi, ce n’est pas : “Pierre est exceptionnel, donc regarde-le de loin.”

Le vrai message, c’est plutôt :

“Il existe peut-être encore une route que tu n’as pas imaginée.”

Pas forcément jusqu’au Cap Nord.

Pas forcément 3 800 km.

Pas forcément en bivouac.

Pas forcément avec du vent de face en Norvège à minuit.

Mais une route quand même.

Et parfois, le bon vélo adapté ne redonne pas seulement du mouvement.

Il redonne un horizon.


Tu veux réfléchir à ton propre projet vélo ?

Tu peux commencer simplement.

1. Premier contact — WhatsApp ou téléphone

Écris-moi sur WhatsApp ou appelle-moi au +33 6 81 17 98 66.

2. Visio gratuite — 30 minutes

On peut faire une visio gratuite de 30 minutes pour parler de ton projet, de tes contraintes, de ton niveau d’autonomie, de ton terrain et des premières pistes possibles.

3. Essai à Annecy — sur rendez-vous, quand c’est pertinent ou souhaité

Si un essai a du sens, on l’organise à Annecy via la page contact / essai ONA Bikes. ONA Bikes est basé à Annecy, mais j’accompagne des personnes dans toute la France, parfois au-delà, et certaines choses peuvent déjà très bien se préparer à distance.

Pour le budget, les aides possibles et le reste à charge, tu peux aussi consulter cette page :

Financer un vélo adapté handicap ou PMR

Et si tu veux voir les retours de personnes déjà accompagnées :

Avis Google ONA Bikes

ONA Bikes, Diego 28 juin 2026
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